Agriculteur bio depuis 15 ans dans la Manche, Jean-Michel Honoré est un paysan heureux

Selon un article publié sur le site web actu.fr le septembre 23, 2022 par Gilles Patry – La Presse de la Manche ,

Le préfet (à droite) est allé au champ pour parler agriculture avec ses interlocuteurs de la Confédération paysanne.
Le préfet (à droite) est allé au champ pour parler agriculture avec ses interlocuteurs de la Confédération paysanne. (©Gilles PATRY/La Presse de la Manche)

À l’invitation de la Confédération paysanne, le préfet Frédéric Perissat s’est rendu, ce mardi 20 septembre 2022 dans l’après-midi, sur une exploitation laitière du Chefresne (commune déléguée de Percy-en-Normandie, Manche).

En jean et pull, le représentant de l’État a visité la ferme de la Salmonière. « À son arrivée dans le département, on lui avait proposé de venir nous rencontrer sur le terrain afin de lui montrer ce qu’est l’agriculture paysanne, que ça marche et que ça peut rendre les paysans heureux », résume Pierre Aubril, porte-parole du syndicat agricole.

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Depuis 2007 dans la Manche

Au programme, visite des installations et des vaches qui broutent dans les prairies vertes de Percy-en-Normandie, de mars à décembre. « Mes vaches mangent exclusivement de l’herbe », souligne Jean-Michel Honoré à la tête d’une exploitation de 40 ha et de 60 animaux dont 29 vaches laitières. L’exploitant a fait une licence de biologie avant de devenir agriculteur bio dans la Sarthe. « J’ai toujours été attiré par la nature ; ma préoccupation était l’environnement. »

En 2007, il s’est installé dans la Manche en louant des terres agricoles qu’il exploite toujours sous ce statut de locataire. 

« Ici, l’herbe est plus verte qu’ailleurs. Je n’ai pas un objectif de production. Mes vaches me donnent chacune 4 000 à 4 500 litres de lait par an en étant en autonomie fourragère. »

Jean-Michel Honoré

Un peu moins cette année avec la sécheresse. « J’enregistre une chute estivale de 15 % de la production laitière mais mes vaches n’ont pas souffert même si l’herbe était de moins bonne qualité et mes animaux ont pu se mettre à l’ombre des 11 km de haies de mon exploitation. »

« Concurrence déloyale »

Le bio rapporte moins aussi dans un contexte d’inflation où les consommateurs se tournent vers des produits moins chers. Pour autant, il ne se plaint pas de la situation. Il dégage un revenu net de 27 000 à 30 000 euros par an, hors primes, pour un chiffre d’affaires de 70 000 €.

Jean-Michel Honoré fait partie de ces paysans heureux qui relèvent cependant « une concurrence déloyale » entre éleveurs. « Par rapport à mes voisins, j’ai moitié moins de primes. » Cette différence de traitement entre agriculture bio et agriculture conventionnelle fait partie des sujets de revendication de la confédération paysanne : 

« L’agriculture paysanne devrait être autant soutenue, voire davantage car respectueuse de l’environnement, que l’agriculture productiviste ou industrielle. »

 Pierre Aubril

La visite de la ferme de la Salmonière s’est déroulée dans une ambiance détendue, le préfet prenant le temps d’écouter ses interlocuteurs et de poser ses questions sur le mode de fonctionnement de l’exploitation agricole.

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