Recherche appartement (ou maison), une mission quotidienne pour ces étudiants de Bordeaux

Selon un article publié sur le site web actu.fr le septembre 23, 2022 par Rédaction Bordeaux – Actu Bordeaux ,

Walter et Alex, se soutiennent et s’échangent les annonces trouvées sur les différents sites, ne recherchant pas le même type de bien.
Walter et Alex, se soutiennent et s’échangent les annonces trouvées sur les différents sites, ne recherchant pas le même type de bien. (©Marie Tournier)

« Bon, bah, il n’y a rien de nouveau Walter », déclare Alex. Il est 8 heures, ce mercredi 21 septembre 2022. Les effluves de café et de cigarettes planent dans l’appartement de leurs amis, pas vraiment adapté pour quatre personnes, qu’ils occupent en attendant de trouver leur chez-soi. 

Walter Lagüe-Salinas et Alex Chabit sont tous deux étudiants en alternance, l’un en master  communication et l’autre en BTS MCO. Ils se retrouvent comme tous les matins avant d’embaucher ou d’aller à l’école, pour éplucher les sites de location d’appartements. Mais pas le temps de regarder plus longtemps, il est déjà 9 heures, il faut aller prendre le tram.  

Bordeaux une ville qui attire et plaît… un peu trop

« L’annonce que j’avais vu hier a déjà disparu », confie Walter d’un air abattu. Il passe sa pause-déjeuner, un sandwich dans une main et son téléphone dans l’autre, faisant défiler les annonces, comme s’il cherchait une aiguille dans une botte de foin.

La concurrence est rude. En effet, selon une étude de l’Insee, Bordeaux accueille en moyenne 2 900 habitants supplémentaires par an. De nombreux concurrents potentiels pour Walter et Alex attirés par les écoles, IUT et universités en tous genres présents dans la métropole. 

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« Aujourd’hui, on a beaucoup moins de préavis. Il y a des étudiants qui restent le temps de tout leur cursus, voire même plus longtemps quand ils trouvent du travail dans le secteur », nous explique Xavier Arribard, gérant de l’agence Era Victor Louis Immobilier.

Bordeaux plaît. La ville séduit par son architecture, sa vie étudiante et sa situation géographique. « Je suis né à Bordeaux, j’ai fait pratiquement toute ma scolarité ici et il me tardait qu’une seule chose, c’était d’y retourner pour faire mon master », affirme Walter, un poil chauvin, qui était à Foix l’année dernière pour faire sa licence professionnelle en tourisme.

Une avancée difficile dans les recherches

« La demande est évidemment supérieure à l’offre. Même si on a un bon tiers de notre portefeuille de location qui sont des nouveaux biens », déclare l’agent immobilier. De plus, selon le PLU (Plan local d’urbanisme) de Bordeaux Métropole, la ville prévoyait, entre 2016-2021, de construire 18 000 nouveaux logements, avec une moyenne de 3 000 par an, à Bordeaux. Alors pourquoi nos deux étudiants ne trouvent-ils pas ? Sont-ils trop exigeants ?

Alex nous explique que c’est parce que les revenus de son garant – qui est directeur de golf au Maroc – sont en dirham. En effet, plusieurs agences préfèrent aller au plus simple et ne proposent pas les garanties comme : Garantme ou la garantie visale qui aide les personnes dans son cas.

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Pour Walter qui a un dossier « classique », il accuse la malchance. « La dernière fois, j’ai fait une visite avec une propriétaire qui m’a réclamé une lettre de motivation. Une fois ma candidature retenue, elle a tiré au sort parmi les sélectionnés. Bon, bah, ce n’était pas moi du coup », dit-il avec humour. 

« C’est un ascenseur émotionnel, la recherche d’apparts » 

Aujourd’hui, Alex finit plus tôt le travail, elle croise les doigts pour qu’il y ait quelqu’un à l’appartement car il n’y a que deux jeux de clés pour quatre habitants maintenant. Coup de chance ! Elle s’assoit dans le canapé, épuisée de sa journée et après 1 heure à scroller sur TikTok, les recherches reprennent. 

C’est un ascenseur émotionnel, la recherche d’apparts. Tu vois un appart qui a l’air bien : soit c’est une arnaque, soit personne ne répond. C’est un peu démotivant.  

Alex

Il est 18 heures, Walter passe la porte : « Helloooo ! », crie-t-il au sein de cette colocation improvisée. Il a une bonne nouvelle, une proposition de visite pour un appartement T2 rue porte Dijeaux, lundi prochain.

« Je suis content, car une visite c’est déjà un pas de géant mais ça ne veut rien dire non plus », dit-il pour calmer l’engouement qui règne dans le salon. « Mais l’espoir fait vivre comme dirait maître Gims », ironise Alex qui préfère voir le positif dans cette situation délicate que partage de nombreux étudiants bordelais actuellement. 

Par Marie TOURNIER

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